Mondial du Bâtiment : L’innovation pousse la filière bois

 Si la croissance du marché global de la construction bois marque une pause, la réalisation d’ouvrages de plus en plus hauts et de plus en complexes, stimule l’innovation dans la filière.
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Les acteurs de la filière bois attendent beaucoup de l’arrivée du label énergie carbone en 2020. Les méthodes constructives bas carbone et l’usage de matériaux biosourcés devraient être fortement plébiscitées.

Le bois possède de nombreux atouts. Agréable au toucher, naturellement décliné en de multiples essences, il apporte ce petit plus en termes de confort et de raffinement qui fait craquer les architectes. C’est un matériau résistant, léger et facile à travailler qui est façonné en de nombreux produits.

Les industriels du bois ont mis les bouchées doubles

Après une série de chantiers réalisés ces deux dernières années sous ATEx, le groupe Monnet-Sève Sougy annonce qu’un ATec est sur le point d’être validé pour son panneau en CLT, le PLX. Une avancée qui démontre le dynamisme des industriels français venus en force au Mondial du Bâtiment, sur Batimat. Les projets audacieux se multiplient dans l’Hexagone.

Mais la construction bois demande un vrai savoir-faire que les entreprises traditionnelles de mise en œuvre ne possèdent pas toujours. Les industriels du bois ont mis les bouchées doubles ces dernières années pour mettre au point des solutions performantes, plus rapides à installer, qui viennent faciliter la mise en œuvre tout en garantissant la qualité de l’ouvrage final.

Un chantier accéléré par la préfabrication

Parmi les avantages de la construction bois figure la préfabrication des éléments nécessaires au chantier. Par rapport au béton, les délais du chantier sont plus courts avec une mise en œuvre propre et peu bruyante. Un point très apprécié des compagnons sur le chantier ainsi que du voisinage. En revanche la préparation est plus longue.

Difficile, en effet, de gagner sur tous les tableaux. En amont, la conception et la préfabrication doivent être réalisées avec rigueur et précision avec l’aide de maquettes numériques 3D. Le chantier devient un gigantesque jeu d’assemblage de panneaux multicouches voire de modules 3D complets.

Sur Batimat, le fabricant Simonin va présenter son produit NLP, des panneaux de toiture taillés sur mesure et contenant les sous-faces intérieure et extérieure, l’isolation, les étanchéités à l’air et à l’eau, le contre-lattage et lattage. Toutes ces couches sont posées en une seule opération. De son côté, le groupe CBS-Lifteam va présenter les évolutions de D-Dalle, sa double dalle mixte bois-béton préfabriquée pour les très grandes portées, de 11 m à 18 m sans appuis.

      ©F. Ploye

Assemblage, le diable est dans les détails

Si la préfabrication fait gagner du temps sur chantier, le soin apporté aux détails va garantir la qualité finale de l’ouvrage. La qualité des joints et raccords va assurer l’étanchéité finale à l’air et à l’eau. La robustesse des nœuds d’assemblage est décisive pour la durabilité de la structure finale.

Les innovations se multiplient comme l’usage de goujons collés présentés pour la première fois en 2003 à Batimat. Cette année, le fabricant Alsafix vient présenter sur le Mondial du Bâtiment Lignoloc, un clou en bois de hêtre résistant à l’eau pour fixer tous types de panneaux en bois, comme les parquets et les bardages. La pose est plus rapide qu’avec une cheville bois et ne nécessite ni préperçage ni colle.

Toujours pour assembler et faciliter l’installation, sur le stand de Simpson, seront présentés de nombreux pieds de poteaux ou de poutres dont l’étrier SHT, un sabot à bretelles spécialement utilisé pour la connexion de fermettes ou solives sur support bois.